Tragédies
de l'émigration

Monongah, 6
décembre 1907: entrée du puit n°8
--L'émigration
ne se constitue pas comme un événement neutre mais
comme conjoncture critique générale et persistante
qui s’impose comme facteur de perturbation des mécanismes
du règlement de l'individu et du groupe.
Pour cela mêmes elle doit être confrontée avec
multiples instruments culturels et psychologiques.
Elle se manifeste comme période de transition ambivalente,
comme une occasion de développement qui contient également
un risque concret de perte et de dissolution. [...]
Salvatore
INGLESE
--L'histoire
de l'émigration est constellée de tragédies
individuelles et collectives, incidents
sur le travail, massacres des hommes, exploitation et même
esclavagisme.
--Nous devons et nous pouvons nous
rappeler ce que les nôtres tombés ont subi; il
est temps de supprimer le tabou qui a occulté les
tragédies étrangères de nos ouvriers.
Tomber sur son travail en pays étranger afin d'envoyer
un subside à sa propre famille est un destin qui a impliqué
des centaines d'émigrants méridionaux, mais
San Giovanni in Fiore a payé un tribut
beaucoup trop lourd, avec une longue et douloureuse liste
de victimes (Monongah,
Marcinelle,
Mattmark).
--Beaucoup
de personnes sont devenues riches sur le drame de notre population,
avant, pendant et après, tirant profit de qui est parti
et de qui est resté: il est l'heure de faire la clarté
et d'instituer des débats et des
recherches sur tout ce qui signifie pour les florenses l'émigration.
Il est temps d' "historiser" notre destin afin de chercher les
routes vers un futur meilleur.
--Le 6 décembre 1907, dans
les puits n°6 et 8 de la mine de Monongah aux USA,
une série d'explosions provoque une hécatombe de
vies humaines. Le
nombre de victimes reste imprécis, car moins d'un tiers
des mineurs étaient inscrit au registre. Entre autres
des victimes, des dizaines d'émigrés florenses,
à la recherche de fortune en Amérique...
--Une histoire singulière
liée au désastre de Monongah, celle de Frank
Oliverio.
Né à San Giovanni in Fiore en 1885, à quatorze
ans il émigre aux USA et travaille comme mineur à
Monongah. Le jour avant la tragédie il décide qu'il
se rendra à Clarksburg, chercher du travail. Le lendemain
matin, pendant qu'il était en route, un grand nombre de
ses amis perdaient la vie dans les explosions
des puits n°6 et 8 de la mine de Monongah.
C'è
na brunetta 'ntra 'nu certu vicu
Chi
u maritu all'America l'à;
Me
fa siccare cu' siccu lle ficu
cu'
'na guardata chi illa me fa.
Terra mia luntana luntana,
pienzu a ttio re matina a ssira
signu malatu: la capo me ggira
ccu' 'ssa pena 'um pùazzu campa'.